AFRIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

Une publicité contre les tarifs de Telkom
(12/02/2007)

Écœurés par le coût des télécommunications, en particulier l'accès à internet, les consommateurs sud-africains prennent la plume contre le géant Telkom, en situation de quasi-monopole, et contre le gouvernement, accusé d'apathie.
Selon une étude réalisée par l'organisation Business Leadership sur 15 pays aux caractéristiques comparables, le coût de l'ADSL en Afrique du Sud est 139 % plus élevé que le coût moyen des pays retenus et le coût d'un appel local aux heures de pointe est 199 % plus élevé. Des consom­mateurs exaspérés se sont cotisés pour publier un encart d'une page dans l'hebdomadaire Mail and Guardian, dénonçant la mauvaise foi de Telkom, les atermoiements du gouvernement et la passivité de l'Autorité indépendante des communications d'Afrique du Sud (Icasa). Intitulé « Plus vous lirez cela plus vous serez en colère, » le texte souligne que les Sud-africains « continuent à payer parmi les prix les plus élevés du monde pour les services de téléphonie » et que l'accès internet à haut débit est moins cher « au Maroc, en Egypte, au Botswana ou encore au Mozambique ».
À l'origine de cette initiative, l'organisation Télécoms Action Group (TAC), créée en août 2006. « Nous réclamons une profonde transformation du secteur des télécoms, pas seulement de l'accès à internet haut débit, mais aussi des services de base (...). Il ne s'agit pas seulement du développement de l'économie, il s'agit de la vie quotidienne des gens », explique Richard Franck, l'un des cofondateurs.
Face aux critiques, le géant des télécommunica­tions, détenu à 38 % par le gouvernement, se borne à affirmer qu'il « ajuste constamment son modèle de prix » et qu'il est « déterminé à rendre les télécommunications plus abordables et accessibles ». Le gouvernement de son côté assure que les changements réclamés ont été lancés. « Ce n'est pas un manque de volonté politique. L'ouverture du marché à de nouveaux acteurs ne peut être un
 " Big Bang ".
Cela prend du temps. », explique Albi Modise, porte-parole du ministère des Télécommunications. Et de citer le lancement, en août 2006, des activités de Neotel, deuxième opérateur de téléphonie fixe Au lendemain des premières élections démocratiques de 1994, le secteur des télécommunications est entré dans une phase de « libéralisation contrôlée », selon les termes du gouvernement, extrêmement lente aux yeux des professionnels du secteur. Annoncé en 2002, le second opéra­teur national (SNO) n'a vu le jour que quatre ans plus tard. Si Neotel assure que son entrée en lice devrait entraîner « un réalignement complet des structures de prix » dans le secteur, son offre, qui ne s'adresse pas encore aux particuliers, reste pour l'heure limitée.
« Il y a incontestablement un problème de prix et de services concernant les télécommunications en Afrique du Sud », explique Charley Lewis, du Centre LINK, de l'université de Witwatersrand, à Johannesburg. Selon lui, la démarche de TAC témoigne aussi, au-delà d'un ras-le-bol, du « degré avancé de l'activisme des consommateurs en Afrique du Sud, ce qui est assez exceptionnel par rapport aux autres pays africains ». (AFP)