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AFRIQUE
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L'appel de l'étranger
(24/02/2007)
Depuis le dernier trimestre 2006, la bourse de Johannesburg, le JSE,
connaît un large mouvement des investisseurs sud-africains vers des
marchés boursiers étrangers. Une des causes avancées par les analystes
pour expliquer cette stratégie de diversification serait l'anticipation
par les investisseurs d'un ralentissement sur le JSE après 3 ans de
constante croissance. L'instabilité potentielle du rand, la monnaie
sud-africaine, est aussi un des facteurs cités par les analystes. Malgré
de très bons résultats en 2006, le rand reste fragile notamment du fait du
lourd déficit budgétaire du pays. « Le rand s'est affaibli très
notablement l'an dernier, au même titre que les monnaies d'autres pays
émergents, et la confiance des investisseurs a donc tourné », explique Ion
de Vleeschauwer de la banque Rennies. Trois des plus importants
investisseurs sud-africains, Stanlib, Old Mutual et Sanlam ont récemment
fait savoir qu'ils comptaient adopter dans le court terme une « position
neutre » vis-à-vis des valeurs locales.
La plus grande bourse d'Afrique a connu des résultats spectaculaires en
2006 avec un total cumulé d'échange de capitaux en croissance de 41,2 % et
des investissements étrangers estimés à près de 6,9 milliards de rands,
leur plus haut niveau depuis 8 ans.
Clémence Petit-Perrot
Ambiance tranquille dans la plus petite
bourse d'Afrique
La plus petite bourse d'Afrique ressemble peut-être à ce dont rêvent les
courtiers stressés de Londres, Paris ou Wall Street : une pièce, un
ordinateur et seulement six entreprises cotées au Swaziland Stock Exchange
(SSX). Des cartons de T-Shirts et de prospectus vantant la bourse du
Swaziland, petit royaume enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique,
ont été oubliés le long d'un mur. La cloche censée marquer le début des
séances de cotation n'a pas sonné depuis des semaines.
Au début, les trois courtiers se retrouvaient chaque jour vers midi afin
de surveiller l'évolution des marchés. Ils ne le font plus. « Parfois il
peut se passer un mois sans une opération et quand il y en a, cela ne
porte pas sur de gros volumes. Nous traitons en moyenne pour 10000 à 20000
rands ($ 1400 à 2800) par mois », a déclaré le chargé des relations
publiques, Gordon Bennett. Le directeur des marchés financiers, Siphon
Dlamini, souligne que les courtiers travaillent de plus en plus par e-mail
et ne viennent quasiment plus. « Nos opérations sont faites manuellement,
nous écrivons tout, nous éditons encore des bons d'actions, nous les
tamponnons. Les bourses développées ne font pas ça. Les bons d'actions
peuvent être perdus, endommagés ou mangés par les rats », a-t-il ajouté.
La bourse du Swaziland a été créée en 1999 par le gouvernement afin de
générer l'afflux de capitaux, mais une économie stagnante et l'absence de
législation sur les échanges boursiers l'ont empêchée de se développer. «
Une bourse est le reflet de son économie et l'économie du Swaziland est en
perte de vitesse depuis cinq ans », a ajouté M. Dlamini.
L'une des difficultés réside dans la dépendance économique du Swaziland à
l'égard du géant économique sud-africain, la plupart des entreprises
installées dans ce petit royaume montagneux étant des succursales de
compagnies sud-africaines. Le groupe bancaire sud-africain Nedbank est
ainsi côté au SSX avec certaines entreprises swazies dont les activités
vont de l'immobilier au sucre. Le SSX, régulé par la banque centrale,
attire essentiellement des investisseurs institutionnels et une poignée de
particuliers. La plupart des investisseurs étrangers sont sud-africains.
La bourse de Johannesburg propose de servir de plateforme aux autres
bourses d'Afrique australe, mais le coût de la liaison par câble est trop
élevé pour le SSX.
Le style de gouvernance du royaume, dernière monarchie absolue d'Afrique,
est également un obstacle. Mais pour M. Bennett, le plus problématique
reste l'absence de législation. « Cela a un énorme impact négatif, les
gens ne se sentent pas à l'aise dans une bourse qui n'est pas régie par
une loi. Nous n'avons pas de protection légale pour les investisseurs des
entreprises cotées. » Un projet de loi est toujours dans l'attente de
l'approbation du cabinet ministériel depuis une dizaine d'années, en dépit
de promesses répétées du ministère des Finances. « Sans législation, il
n'y a pas d'avenir », déplore M. Bennett
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