AFRIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

L'AFRIQUE DU SUD SE MET AU BIO
(30/03/2007)

Le boom mondial du bio offre l'opportunité à l'Afrique du Sud de dynamiser son agriculture et de créer des emplois

La montée, à l'échelle mondiale, des préoccupations concernant l'usage des pesticides et des OGM a entraîné un mouvement local en faveur de la pratique de l'agriculture biologique. Selon des statistiques du gouvernement, le secteur de l'agriculture bio comprend 250 fermes certifiées et 45 000 hectares de terres homologuées, soit seulement 0,05 % de l'ensemble des terres agricoles. Huit organisations, locales et internationales, sont habilitées à délivrer des labels bio en Afrique du Sud dans l'attente des critères nationaux spécifiques.

Les premiers produits à recevoir un label ont été le thé rooibos, les mangues, les avocats et certaines épices. Depuis, le label inclut un nombre important de produits tels que le vin, l'huile d'olive, certains légumes, baies, agrumes, fruits tropicaux et produits laitiers, qui sont devenus des produits d'exportation majeurs. Certains légumes et condiments représentent la majeure partie de la production bio vendue localement.
L'ONG locale Organic Freedom Project (OFP), entend utiliser le dynamisme du secteur dans la lutte contre le chômage et ainsi répondre en même temps aux préoccupations environnementales et sociales. OFP s'est allié avec des entreprises comme Pick'n'Pay (chaîne de supermarchés) ou Anglo Coal (mines) dans un programme inspiré par l'entrepreneur australien David Wolstenholme, qui a lancé de nombreux projets écologiques à travers le monde et a désormais décidé de s'installer en Afrique du Sud. Le programme est inspiré d'une initiative brésilienne centrée sur les biocarburants et les produits biologiques, qui a créé plus d'1 million d'emplois en 4 ans pour les habitants des bidonvilles.
La création d'emploi est au cœur du projet sud-africain qui espère mettre en place sur une période de 7 ans, 100 zones agricoles (fermes individuelles ou collectives), former le personnel de ces zones dont la taille variera de 50 à 1 000 hectares.

Le futur du bio en Afrique du Sud

Une récente étude du Fonds pour la recherche du développement industriel (Fridge) s'emploie à étudier la faisabilité économique et environnementale d'une transition de l'agriculture sud-africaine vers le bio en se basant sur l'importante demande de ce type de produits à l'échelle mondiale (principalement dans les pays du G8). Une analyse de tendance suggère que la demande en produits bio va poursuivre sa croissance, principalement en ce qui concerne les produits frais, la viande, les produits laitiers, les fibres végétales, et les produits utilisés dans l'industrie pharmaceutique, consommateurs et professionnels de la santé s'accordant de plus en plus à trouver les produits bio bénéfiques pour la santé. L'agriculture biologique demande moins de moyens financiers que l'agriculture traditionnelle et dépend davantage de ses ressources humaines et naturelles. Ce constat révèle le potentiel du secteur à devenir un facteur important dans les plans de lutte anti-chômage et de réduction de la pauvreté en Afrique du Sud.
En octobre 2007, Cape Tbwn inaugurera sa 4e exposition de produits naturels et biologiques, un salon qui a vu sa fréquentation en terme de visiteurs et d'exposants augmenter de 300 % depuis la première édition et représente aujour-d'hui l'événement phare de l'industrie du bio en Afrique du Sud.
Eva Gilliam