ANGOLA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POUR L'ANGOLA, UN PREMIER MEETING DE L'OPEP SUR FOND DE CRITIQUES
(07/04/2007)

Le 15 mars, l'Angola est officiellement entré dans le club très fermé de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), à l'occasion de la 144e conférence à Vienne. Une adhésion stratégique qui ne parvient pas à masquer la corruption et le manque de transparence qui minent le boom de l'or noir angolais. « Nous rêvions de cela depuis longtemps. C'est un moyen d'entrer dans le processus de décision mondial », a récemment déclaré Desidério da Costa. Avec cette première participation à une conférence, le rêve du ministre du Pétrole de l'Angola est désormais une réalité.
Si elle représente un pas politique pour le pays, l'adhésion de l'Angola à l'Opep est une source d'inquiétude pour les investisseurs, car le pays
devra désormais se soumettre aux règles de l'Organisation. Et parmi elles, les quotas de production. Une inquiétude temporairement balayée lors la conférence. Car l'Angola n'aura pas à se plier aux quotas jusqu'à ce que sa production atteigne les 2 millions de barils par jour, soit fin 2007.
« Notre entrée dans l'Opep ne nous empêchera pas de maintenir de bonnes relations avec les investisseurs internationaux », a déclaré M. da Costa lors de la conférence. Il se pourrait donc que le pays suive des membres comme le Nigeria et le Venezuela et passe outre les quotas, pour atteindre ses prévisions de 2,6 millions de barils par jour en 2011 (l'équivalent de la production du Koweït). Des exportations principalement à destination de pays comme la Chine (l'Angola est devenu son premier fournisseur en 2006) ou les États-Unis, qui étaient particulièrement opposés à l'entrée de l'Angola dans l'Opep. De nombreuses entreprises internationales telles qu'Exxon Mobil, Chevron ou l'Italienne Eni se partagent les gisements offshore angolais.
Alors que les exportations de pétrole ont rapporté plus de $ 30 milliards à l'Angola en 2006, la Banque mondiale estime que 70 % de la population vit avec moins de $ 2 par jour dans un pays reconnu comme l'un des plus corrompus au monde. Le FMI a récemment rompu toutes négociations avec le pays qui refusait de soumettre ses comptes à un audit. D'après l'organisation non gouvernementale « Human Rights Watch », $ 4,2 milliards provenant des exportations de pétrole entre 1997 et 2002 n'ont pas été comptabilisés.
« Aujourd'hui, l'Angola n'est pas intéressé par la transparence », affirme un analyste de Washington. « Avec les revenus issus du pétrole, ils n'ont besoin ni du FMI ni de la Banque mondiale. Ils peu­vent jouer les Chinois contre les Américains. »
Clémence Petit-Perrot