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BURKINA
FASO
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LE DEFI DU TRANSGENIQUE
(16/10/2006)
Le Burkina Faso est le
pays pionnier en Afrique dans le secteur du coton transgénique. Le
gouvernement vient d'annoncer la mise en culture de trois variétés dès la
prochaine saison.
La culture du coton transgénique entrera en vigueur dès la saison
agricole 2006/07. C'est l'information principale donnée lors de la
visite, fin septembre, du ministre de l'Agriculture, de l'hydraulique et
des ressources halieutiques, Salif Diallo, dans la ferme expérimentale de
la Société de filature du textile (Sofitex).
Trois variétés seront mises à la disposition des producteurs, en
collaboration avec des firmes américaine (Monsanto) et européenne (Syngenta).
Selon le ministre Diallo, ces variétés permettront d'économiser FCFA 36000
par hectare. Mieux, les traitements en pesticides et en herbicides sont de
deux (traitements) par an au lieu de six traitements comme cela se fait
actuellement. En outre, le rendement à l'hectare devrait augmenter et
atteindre 4 à 5 tonnes.
Premier producteur africain de coton (avec environ 730000 tonnes), le
Burkina Faso a été le premier pays ouest-africain à avoir lancé en 2003
une expérience de culture du coton transgénique. Pour le ministre Diallo,
« le Burkina a opté pour le coton transgénique, bien entendu dans le
respect des principes de précaution ». Les techniciens du ministère de
tutelle estiment que cette nouvelle technique va réduire les coûts de
production pour les paysans, éliminer les ravageurs du coton. Le coton
transgénique est donc a priori une alternative aux charges en intrants
évaluées à FCFA 30 milliards par an dont FCFA 10 milliards pour les
pesticides.
Les adversaires du coton transgénique, qui avaient appelé dès les premiers
essais en 2003 à approfondir la réflexion, mettent en garde contre les
dérives de la culture transgénique . La Coalition de veille anti-OGM, née
fin 2004 et regroupant des associations de la société civile et des
scientifiques, s'inquiète de la possibilité d'une mainmise totale des
firmes internationales sur la filière coton de la sous-région. Elle voit à
travers le transgénique une volonté d'accroître les profits et le contrôle
par les multinationales de cette production.
Tiego Tiemtoré
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