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BURKINA
FASO
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Les
circuits de distribution européens
(13/11/2006)
Si pour les organisateurs le bilan
de cette 10e édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou
(Siao), qui s'est tenue du 27 octobre au 5 novembre, est positif ; en
revanche il est loin d'avoir atteint son objectif d'imposer, en vingt ans,
cette filière dans les circuits de distribution en Europe. Un espoir se
profile pourtant avec le projet d'une galerie virtuelle...
En vingt ans, cette rencontre biennale a pu, malgré certaines difficultés
logistiques (à l'image de son site, que les organisateurs disent
insuffisant bien que possédant plus de 9000 km2 de surface), s'imposer
comme la référence internationale en matière d'artisanat. Cette année,
sous le thème du rapport entre « commerce équitable et artisanat »,
l'événement a drainé plus de 2500 artisans venant des quatre coins du
globe, 30 pays - en majorité africains - présents dont le Brésil en invité
d'honneur, 4000 acheteurs professionnels, collectionneurs ou exportateurs
d'objets d'art, près d'un demi-million de visiteurs, et 250 journalistes.
À la retombée du rideau, tous les exposants n'avaient pas de quoi se
réjouir. Ali Garba (Niger), sculpteur de bronze, fait ses calculs.
Globalement il a déboursé environ FCFA un demi-million et avait estimé un
retour sur investissement de deux fois sa mise. « Le stand m'a coûté FCFA
300000 (les organisateurs ont procédé à une hausse de FCFA 50000 sur le
prix du stand de 10 m2, NDLR). Le transport par route, FCFA 20000
aller/retour de Niamey jusqu'à Ouagadougou, mais avec une lettre
d'invitation du Siao, les douanes burkinabé n'ont prélevé aucune taxe de
redevance à la frontière. Pendant dix jours, l'hébergement, la
restauration et d'autres frais de fonctionnement sont à évaluer à hauteur
de FCFA 200000. Cette année, au Siao, j'ai amorti mon investissement mais
globalement pas fait de recettes. Sauf si les promesses d'acheteurs
européens se concrétisent au courant de l'année 2007 ».
À l'inverse, justement chez un de ces acheteurs français, les affaires
étaient plutôt au beau fixe. « Au SIAO, pour ceux qui ont du nez, on
trouve des merveilles. Mon critère sur tes prix quand j'intègre le billet
d'avion, l'hôtel, le fret, les taxes à l'exportation et les bénéfices que
je dois engranger, fait qu'ici un produit acheté pour euros 50, je le
revends € 200, soit quatre fois plus ». Ces fameux « acheteurs étrangers »
qui font tant fantasmer les artisans du Siao à chaque édition participent
sans le vouloir à limiter la distribution de l'artisanat africain aux
circuits spécialisés (petits magasins indépendants, circuits du commerce
équitable et commerces ambulants).
En effet, le gros handicap de cet artisanat du continent est qu'il est
largement sous-exploité, absent des circuits de distribution de masse en
Europe. Or, justement, promouvoir l'artisanat africain à l'exportation
devrait signifier répondre à une réelle demande des consommateurs des pays
riches. Ces produits artisanaux brillent par leur rareté dans certaines
enseignes de la grande distribution européennes. Ils sont quasiment
invisibles chez Casa, Maisons du Monde ou Pier Import, des enseignes
spécialisés dans la distribution d'équipements de maison et de décoration.
Les experts estiment qu'ils représentent entre 1 % et 5 % des ventes,
contre plus de 85 % pour les produits artisanaux venant d'Asie du Sud-Est,
des produits qui ont pu, et su, envahir à la fois les circuits spécialisés
et la distribution de masse en Europe. « C'est un déficit de marketing que
tente depuis vingt ans de combler le Siao du mieux qu'il peut, notamment
cette année avec le projet du lancement d'une galerie virtuelle sur le net
adossée
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