BURKINA
FASO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                     

La Sosuco est malade
(09/10/2006)

Huit ans après sa privatisation au profit du groupe IPS d'Aga Khan, la Société nouvelle  Société sucrière de la comoé (SN Sosuco) la principale industrie sucrière du pays ne respire pas la grande forme. Les travailleurs ont, dans une lettre ouverte adressée au Chef de l'Etat, le 13 septembre, appelé ce dernier à sauver leur entreprise. Ils y évoquent les salaires payés en retard, la vétusté du matériel de travail et les mauvais rendements agricoles constatés depuis plusieurs années.
Avec des difficultés de recouvrement de plus de FCFA 5 milliards, une production en baisse constante (35 000 tonnes en 2004, 25 000 t en 2005) pour des prévisions de 45 0001 et la fraude dans le secteur, la Sosuco traverse une zone de fortes turbulences susceptibles d'hypothéquer son avenir.
L'entreprise, qui traversait une mauvaise passe, avait pourtant reçu en juillet 2005, un apport de plus de FCFA 1,6 milliard de l'Aga Khan (actionnaire majoritaire avec 52 %), avant la nomination d'un nouveau directeur général, en septembre 2005. CAga Khan, en personne, était même allé toucher du doigt les réalités du complexe su­crier, situé à 450 km de Ouagadougou.
Pour ne pas arranger la situation, la fraude dans le secteur a pris des proportions inquiétantes ces dernières années et fragilise davantage la situation de la Sosuco. Celle-ci doit fait face à la concurrence du sucre importé, venant essentiellement d'Asie et de l'Union européenne.
Principal pourvoyeur d'emploi après l'Etat avec plus de 3000 travailleurs, dont 1 456 permanents, la Sosuco représente une masse salariale de plus de FCFA 3,9 milliards par an au titre des contributions fiscales diverses et participe aux ressources fiscales de l'Etat burkinabé à hauteur de FCFA 3 milliards par an. C'est d'ailleurs pour protéger cette industrie que, depuis octobre 2004, le gouvernement burkinabé a pris des mesures tendant à réglementer les importations de sucre au Burkina, dont l'autorisation spéciale d'importation (ASI). L'Asi est accordée pour une quantité minimale de 2 0001. Et l'importateur devra disposer d'un magasin de stockage, d'un réseau de distribution et attester de sa situation fiscale et indi­quer l'origine et les caractéristiques du produit.
Tiego Tiemtoré