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COTE D'IVOIRE
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DECLIN DE LA PRODUCTION
(29/01/2007)
La filière coton ivoirienne qui emploie 250 000 producteurs et fait vivre
indirectement 3 millions de personnes se porte mal. A la baisse du
rendement, il faut ajouter les accusations portées contre un des membres
de la famille Kagnassi, gros producteur de coton.
Après être tombée à 267000 tonnes (t) de coton-graine lors de la campagne
colonnière 2005/06 contre 323 000 t lors de la saison précédente, la
production de l'or blanc poursuit son déclin. « Les prévisions de
production de 226000 t pour la campagne 2006/07 en cours pourraient ne pas
être atteintes », a expliqué Nicolas Kouadio N'Guetta, le secrétaire
exécutif d'Intercoton, une structure de gestion de la filière en Côte
d'Ivoire. Ce responsable d'Intercoton évoque une « filière sinistrée » et
en danger. D'après lui, la barre de 2000001 ne devrait donc pas être
franchie cette année.
Selon M. Kouadio, sur 300 000 hectares de terre prévus pour la culture au
cours de cette campagne, seulement 115 000 ont pu bénéficier d'intrants
(produits phytosanitaires, engrais et pesticides). « La filière est très
sinistrée. Actuellement, elle survit. Si on ne fait rien pour la campagne
à venir 2007/08, elle va rendre l'âme », a-t-il prévenu, en évoquant un
besoin de financement de FCFA 40 milliards (€ 61,53 millions) pour «
régler les dettes aux paysans et aux fournisseurs d'intrants ». Selon les
spécialistes de la filière, les producteurs attendent « désespérément » le
paiement d'une dette de FCFA 17 milliards (€ 26,15 millions) due par les
industriels qui transforment le coton.
La mauvaise santé du secteur de l'or blanc se manifeste aussi dans les
rapports entre les acteurs de la filière. Des employés et producteurs de
coton du Nord-Est ivoirien ont en effet accusé le 18 janvier Sidi Kagnassi
et son fils, propriétaire de La compagnie cotonnière ivoirienne (LCC1), la
société qui les emploie, d'avoir provoqué des « pertes considérables » par
des « spéculations et transferts » douteux jusqu'en 2005. L'homme
d'affaires malien est accusé d'avoir provoqué la faillite de la société et
accumulé FCFA 80 milliards (€ 123 millions) de dette.
Regroupés en collectif, les producteurs du Nord-Est ont pris un avocat
pour défendre leur cause et ont déposé plainte, selon leur porte-parole
Oumar Coulibaly. Ce dernier dédare que la LCCI doit aujourd'hui « FCFA 15
milliards aux fournisseurs d'intrants, 15 milliards aux paysans
producteurs, 5 milliards au personnel et à l'État et 45 milliards aux
banques et à d'autres fournisseurs ». « Les promesses de remettre de
l'argent frais des propriétaires n'ayant pas été tenues, l'affaire a été
mise en liquidation judiciaire en septembre 2006 », indique le collectif,
qui précise que la LCCI détient 40 % du territoire cotonnier ivoirien. Il
ajoute qu'à la suite de cette faillite, les villages cotonniers du
Nord-Est ont « sombré dans la misère ». (avec AFP)
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