COTE D'IVOIRE

 

 

 

 

    

Touche pas à mon cacao !
(27/11/2006)
Dispositifs policiers incendiés, agents de sécurité poursuivis puis houspillés, villageois en situation quasi-insurrectionnelle... Tout ceci s'est passé la semaine dernière dans le village de Diby dans la sous préfecture de Méféré (Sud-Est de la Côte d'Ivoire). Plongée dans une crise militaro-politique depuis 2002, la Côte d'Ivoire n'arrive plus à assurer comme jadis le transport du cacao de l'intérieur vers la capitale, Abidjan. Des réseaux de trafiquants ont
donc poussé comme des champignons dans les zones forestières et s'adonnent à la vente illégale du cacao dans certains pays voisins comme le Ghana au motif que les prix de vente seraient nettement rémunérateurs.
Le phénomène a pris tellement d'ampleur qu'à travers la direction régionale d'Aboisso, (ministère de l'Agriculture), le gouvernement a décidé de mettre sur pied des « dispositifs de surveillance » avec pour but d'intercepter tout mouvement illégal de véhicules chargés de cacao en direction du Ghana. Dès la semaine dernière, les autorités ivoiriennes ont été informées du déplacement suspect d'individus qui s'apprêtaient à franchir la frontière ivoiro-ghanéenne. Immédiatement, des agents de l'Agriculture, des gendarmes du peloton mobile d'Aboisso et des policiers se sont rués dans le village de Diby. Mal leur en pris ! Ils ont été accueillis  par la population, selon un cadre du ministère de l'Agriculture, avec « des propos hostiles ». Sentant le danger poindre et numériquement inféieuresl , les forces de l'ordre se sont  repliées sur la ville d'Aboisso. Quelques temps après, leurs check-points et quartier général à Diby ont été incendiés, des  agents brutalisés et la chasse au policier a duré près de trois heures.
La tension est certes retombée, mais, avec « ce qui vient de se passer, si nous ne réagissons pas, c'est sûr que les trafiquants continueront d'écouler le cacao au Ghana », déplorait le ministère de l'Agriculture. Pendant ce temps, la population n'entend pas vendre son cacao « à bas prix » à Abidjan, mais bien au Ghana. Les tractations sont en cours.