NIGER

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ACTUALITES        ECONOMIQUES AU NIGER

Uranium
AREVA SAUVE SON PARTENARIAT AVEC LE NIGER

(04/02/2008)

Le groupe français a renouvelé son contrat avec Niamey pour 2008 et 2009. Le prix d'achat de l'uranium est revu à la hausse de 50 %. En contrepartie, l'entreprise se lance dans l'exploitation d'un nouveau gisement.
Le groupe français Areva a annoncé le 13 janvier avoir renouvelé son partenariat avec le Niger pour 2008 et 2009. Cet accord, déjà renouvelé pour 2007 en août dernier dans un contexte de crise, prévoit« une augmentation des prix d'environ 50 % afin de refléter la hausse récente des prix long terme », explique le groupe. Areva a aussi obtenu « l'agrément du gouvernement pour lancer le projet d'exploitation du gisement d'Imouraren ", dans lequel il va investir «plus de € 1 milliard ». Cette mine «constituera le plus grand projet industriel minier jamais envisagé au Niger, le plaçant au deuxième rang mondial avec une production de près de 5 000 tonnes d'uranium produites annuellement", a précisé Areva. Ce projet minier « permettra la création de 1 400 emplois permanents et de très nombreux emplois induits ". Ce partenariat a été signé à Niamey par le président du Niger, Mamadou Tandja, et Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva. Areva exploite deux mines dans le Nord-ouest du Niger, Cominak et Somair, qui ont produit en 2006 près de 2 260 tonnes d'uranium.
Le renouvellement des contrats pour 2007 avait eu lieu en août alors que les autorités nigériennes avaient expulsé peu auparavant le représentant d'Areva au Niger, Dominique Pin, l'accusant de financer une rébellion touareg dans le Nord du pays, où se trouvent les gisements d'uranium. Le groupe a formellement démenti ces accusations. Depuis, « les malentendus ont été levés », a déclaré un porte-parole d'Areva joint par l'AFP à Niamey. Mais le contexte reste très
tendu. Deux journalistes français sont actuellement emprisonnés à Niamey. Inculpés d' atteinte à la sûreté de l'État », ils sont sous le coup d'une condamnation à mort. Leur tort est d'être allés à la rencontre de Touaregs dans le Nord du pays. Un emprisonnement au beau milieu des négociations, qui s'apparente à un chantage. Le président de Reporters sans frontières devait rencontrer les autorités nigériennes en début de semaine (juste après la signature) pour tenter de régler le différent.
Autre élément décisif de ces négociations, l'accentuation de la concurrence chinoise, dont le président Mamadou Tandja s'est bien gardé de faire mystère, et qui n'est pas étrangère à la hausse du prix d'achat de l'uranium. Autant d'éléments qui démontrent qu'Areva, ancien pilier de l'économie nigérienne (l'uranium a représenté jusqu'à 40 % du budget de l'État dans les années 80), n'est plus en terrain conquis.

Lucas Patriat, avec agences